Les traces d'usure révèlent le passé

Avec Augustin, Alex, Lisa et toute l'équipe d'ArkéoTopia, partez à la découverte des ressources complémentaires de l'étape 6.1 de Mon cahier d'archéologie sur l'analyse des vestiges archéologiques en laboratoire grâce l'étude des traces d'utilisation.

Étape 6.1 - Au laboratoire
Étudier les traces sur les objets

Correspondances MCA1 et MCA2

MCA 1 p. 24 et MCA 2 p. 30

En savoir plus sur le vestige de référence de l'étape

C'est la lame en silex n°883 provenant de Charavines (France) qui sert à illustrer les pages 24 et 30 de Mon cahier d’archéologie intitulées Étudier les traces sur les objets mettant en scène l’étude des traces ; une des méthodes qui permet aux archéologues de comprendre pourquoi a été fait le vestige, voire à quoi il a servi, avant que d’être perdu ou rejeté.

Reconstitutions au musée des palafittes d'UnteruhldingenMaquette de reconstruction de la technique de fouille subaquatique au Musée archéologique du lac de Paladru à Charavines (France)Les archéologues ne fouillent pas seulement sous terre ou en mer, mais également dans les lacs. Ainsi, à Charavines, des fouilles subaquatiques ont livré un siècle de vie quotidienne de villages installés sur la terre ferme de Paladru, au bord du rivage à l’époque, site aujourd’hui sous l’eau. Le site de Charavines-les-Baigneurs qui remonte au Néolithique a fait partie de nombreux autres sites palafittiques inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO le 27 juin 2011 sous le nom de Sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes. Cette inscription a vocation à protéger les 111 sites de vestiges d'habitations préhistoriques répartis autour des lacs et des marais de l'Arc alpin situé en Suisse, Autriche, France, Allemagne, Italie et Slovénie.

Par ailleurs cette étape illustre que les archéologues ne travaillent pas seulement en fouilles, mais également en laboratoire. Depuis les travaux de l’archéologue russe Sergueï A. Semenov (1898-1978) en 1964, l’archéologie s’est munie d’une méthode qui complète celle permettant l’étude des formes : la tracéologie ou analyse fonctionnelle.

Tailleur de pierre faisant une démonstration de taille pour réparer la cathédrale Saint-George à Perth en 2007/2008Stigmates de fabrication sur le marbre d'un chapiteau laissés par le maillet et la pointerolle présentant eux-mêmes des traces d'usureSi la fabrication d’un objet peut le stigmatiser en lui laissant différentes traces, c’est également le cas lors de l’utilisation de l’objet fini et de l’outil qui a servi à le fabriquer. Par exemple, le maillet et la pointerolle, qui servent au tailleur de pierre à rendre sa pierre cubique, laissent des marques lors du travail : la pointerolle, laisse de profondes rainures sur le chapiteau, et le maillet des traces de frappe sur la pointerolle. Ces stigmates génèrent eux-mêmes des stigmates d’usure sur les outils comme le montre la photographie.

Quand elles ne sont pas perceptibles à l’œil nu, ces traces d’usure ou stigmates sont appelées microtraces. Chaque ensemble de stigmates fournit une signature caractéristique faisant office de carte d’identité. Par exemple, une utilisation de lame de silex pour couper de la viande laissera un lustre sur la lame qui se reconnaîtra à sa brillance et à un dépôt de la matière organique, alors qu’une autre lame qui aura servi à racler présentera des esquilles.

L'étape 6.1, l'étude des traces retrouvées sur les vestiges, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursLoupe binoculaire servant à l'analyse d'images en histologie qui est utilisée par les archéologues égalementGrâce aux traces d’usure, les archéologues peuvent comprendre deux types d’utilisation du vestige. En effet, la tracéologie permet de déterminer la fonction du vestige en répondant à la question : ce vestige a été fabriqué pour répondre à quelle fonction ? À quoi devait-il servir à l’époque où il a été utilisé ? Cependant, à l’image de la fourchette dont la fonction première est de piquer les aliments pour les amener à la bouche, il arrive que nous en fassions un usage différent comme, par exemple, couper du beurre. Les archéologues parlent alors de déterminer l’usage du vestige qui est un détournement de sa fonction première. La tracéologie aide à comprendre ce détournement en répondant à la question : à quoi a réellement servi ce vestige ? Autrement dit, quel a été son usage ?

C’est grâce à sa loupe binoculaire qui permet différents grossissements et à la carte d’identité des stigmates que Lisa et Ratiche le rat peuvent comprendre que la lame de Charavines n°883, datée entre 2 670 et 2 590 av. J.-C., est un grattoir double qui a servi à couper des végétaux. Ce constat amène Lisa à rapprocher cet usage d’une utilisation qu’elle connaît par l’ethnologie : l’emmanchement d’une lame pour récolter le riz.

Les indices

Au nombre de 6, ils rassemblent :

  1. la lame en silex de Charavines qui correspond au vestige découvert par Lisa l'archéologue
  2. la loupe binoculaire servant à agrandir les traces laissées sur la lame pour comprendre à quoi cette lame a pu servir et qui est l'outil indispensable aux scientifiques pour voir les toutes petites traces laissées par les utilisations de l'objet
  3. Lisa l'archéologue en habit de ville en train de manipuler la loupe binoculaire et le vestige ; l'ensemble représentant le scientifique en train de travailler au laboratoire
  4. Ratiche le rat savant qui représente l'intelligence humaine au service du patrimoine
  5. le dessin de l'agrandissement de la lame de Charavines qui représente ce que VOIT Lisa l'archéologue grâce à la loupe binoculaire
  6. le dessin de l'utilisation d'un outil encore utilisé dans certaines régions de Chine aujourd'hui qui représente ce que DÉDUIT Lisa l'archéologue des traces laissées sur la lame de Charavines, c'est-à-dire que la lame servait à récolter des céréales
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