Pédagogie - Ressources pour Mon cahier d'archéologie

Augustin, Alex, Lisa et toute l'équipe d'ArkéoTopia vous invitent à découvrir les ressources complémentaires de Mon cahier d'archéologie, un cahier de découverte et d'activités pour découvrir en s'amusant l'archéologie, le patrimoine français et la démarche scientifique en général.

Ressources complémentaires pour
Mon Cahier d'Archéologie

Tu as le bonjour d'Augustin 11 ansTu as le bonjour d'Augustin 7 ansMon cahier d’archéologie, également appelé MCA, est un cahier de découverte et d’activités créatif et ludique. En compagnie d’Augustin, jeune garçon curieux et intrépide, les enfants rencontreront les sympathiques archéologues Alex et Lisa qui les emmèneront à la découverte de l’archéologie et du patrimoine français. Chaque dessin met en scène une situation vécue par Alex et Lisa au quotidien. Selon l'âge de l'enfant et le cahier choisi, l'enfant pourra colorier les étapes, être guidé par des pictogrammes aisés à comprendre et faciles à suivre, mais aussi expérimenter des activités (coloriages, dessins, jeux d'observation, énigmes, lectures). Ainsi, les enfants se glissent dans la peau d'un archéologue. Seul, en famille, dans un cadre scolaire ou de loisirs, les enfants pourront développer leurs connaissances et leurs compétences en s’amusant.

Vous trouverez sur cette page des ressources complémentaires : images couleurs des documents archéologiques ayant inspiré le contenu de Mon cahier d'archéologie, documents pédagogiques supplémentaires (folioscope, liens web, propositions d'utilisation pédagogique...) et des informations sur les nouvelles sorties. Cette page a donc vocation à se développer au fur et à mesure des mois.

Tu as entre 10 et 16 ans, retrouve des informations sur l'archéologie avec la bande d'Augustin sur
www.facebook.com/AventuresArcheologiques et Titter.com/AArcheologiques

Tu as entre 5 et 8 ans, retrouve des informations sur l'archéologie pour ton âge et toute l'équipe d'Augustin sur
www.facebook.com/AugustinArkeoTopia et Twitter.com/MondeDAugustin

Mon cahier d'archéologie - couverture Mon cahier d'archéologie 2 - couverture

Mon cahier d'archéologie pour les non lecteurs 5/8 ans
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Mon cahier d'archéologie 2
pour les lecteurs de 8 à 16 ans
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Les personnages du Monde d'Augustin - la bande d'archéologues en herbe

Sommaire
A. Comment utiliser Mon cahier d'archéologie efficacement en fonction des âges ?
B. Les vidéos, tutoriaux et surprises de Mon Cahier d'archéologie
D. Photographies, ressources complémentaires et exemples de couleurs des dessins de MCA

A. Comment utiliser Mon cahier d'archéologie efficacement en fonction des âges ?

Si tu utilises Mon Cahier d'Archéologie 5/8 ans, voici les différents niveaux que tu peux suivre :
Niveau 1. Tu as 4/5 ans
- Ta mission consiste à effectuer le coloriage avec application sans dépasser au-delà des gros traits extérieurs des images.
- Tu peux aussi raconter à un plus grand ou à un adulte ce que tu observes sur l'image et poser des questions.

Niveau 2. Tu as entre 5 et 7 ans
En plus du coloriage, ta misssion consiste à identifier les indices en relation avec l'étape et le titre de la page pour comprendre ce que raconte la situation.
Par exemple, les indices de l'étape 2.4 - Repérer des vestiges : la prospection aérienne (étape 4.3 dans la précédente édition) sont au nombre de 4 : l'avion, l'aigle, l'appareil photographique et le cercle d'arbres.
Ces éléments et les raisons de ces indices sont détaillés sur cette page de ressources plus bas au fur et à mesure de sa construction.

Niveau 3. Tu as entre 7 et 8 ans
En plus des missions précédentes, tu peux remplir toutes les missions indiquées par les pictogrammes présentés en bas des pages de ton cahier. Certaines sont difficiles, mais tu peux essayer quand même ou attendre de pouvoir accéder au niveau 4.

Niveau 4. Tu as entre 8 et 10 ans
Si tu utilises Mon cahier d'archéologie 5/8 ans, en plus des missions précédentes, tes missions à ce niveau sont :
- l'identification de la forme de l'étape 2.4 (étape 4.3 dans la 1ère édition),
- le relevé de terrain de l'étape 5.3,
- l'identification de la fonction de l'objet de l'étape 6.1
- la chaîne opératoire de l'étape 6.5
- et le puzzle de l'étape 7.1.

Si tu utilises Mon cahier d'archéologie dès 8 ans, tu peux toujours utiliser les dessins pour du coloriage, soit scientifique, soit artistique, mais tu dois surtout surmonter des missions de type mots fléchés, mots cachés, labyrinthes, rébus, jeux d'observation, etc.

Niveau 5. Tu as entre 11 et 16 ans
Utilise Mon Cahier d'Archéologie dès 8 ans qui est fait pour les enfants lecteurs et qui contient des énigmes. Tu peux toujours utiliser les dessins pour du coloriage scientifique ou artistique, mais notre équipe d'archéologues attend surtout de toi que, grâce à ton expérience, tu remplisses les différentes missions qui te sont proposées et que tu utilises les nouvelles technologies avec ton smartphone ou ta tablette pour découvrir ton cahier d'archéologue avec la réalité augmentée.

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B. Les vidéos et tutoriaux de Mon cahier d'archéologie

Vous ne connaissez pas les cahiers découverte et activités Mon cahier d'archéologie ou vous souhaitez découvrir le monde d'Augustin en vidéo.
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Les œufs de Pâques ou les surprises cachées dans Mon cahier d'archéologie 8 ans et plus

Augustin a caché 3 œufs de Pâques dans Mon cahier d’archéologie pour les enfants de 8 ans et plus. Il a demandé à Octave d'en donner les indices pour trouver, grâce à son smartphone, sa tablette ou son ordinateur via l'application Aurasma / HP Reveal, chacune des 3 surprises cachées dans le cahier d'activités.

Indice n°1
Pour couronner les étapes franchies, tu as droit à une belle cérémonie
La réponse de l'image à utiliser commence par la lettre "D".

Indice n°2
Offre au plus jeune ce que Dona n’a pu offrir
La réponse de l'image à utiliser concerne une image pour les enfants de 5 à 8 ans présente dans le cahier des enfants de 8 ans et plus.

Indice n°3
De la bouche de sa mère, découvre du roman le sommaire
La réponse de l'image à utiliser concerne une image lié à une autre publication où Augustin vit des aventures en compagnie de ses amis.

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C. Photographies, ressources complémentaires et exemples de couleurs pour les dessins de MCA

Les situations de Mon cahier d'archéologie ont été illustrées à partir d'un patrimoine essentiellement européen. Vous trouverez sur cette page des informations complémentaires au cahier pour en savoir plus.

Étape 1 - Découvrir des vestiges : Explorer des terres inconnues

MCA 1 p. 6 (étape 1.3 de la page 6 dans la 1ère édition) et MCA 2 p. 6-7

Photographie du temple I de Tikal à l'origine de la p. 4 de Mon cahier d'archéologie (© Raymond Ostertag - CC BY-SA 2.5) via Wikimedia CommonsL'étape 1, explorer des terres inconnues, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursLe temple I de Tikal situé dans le Parc National de Tikal localisé dans la province du Petén, au nord du Guatemala, illustre la page 4 de Mon cahier d'archéologie intitulée Explorer des terres inconnues.
Inscrit depuis 1979 sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO, Tikal est l'un des plus grands centres urbains de la civilisation Maya précolombienne. La cité comprend des milliers de vestiges architecturaux et artistiques de cette civilisation depuis la période préclassique (600 av. J.-C.) jusqu’au déclin et à la chute de ce centre urbain autour de 900 apr. J.-C. Les différents écosystèmes et habitats abritent une faune néo-tropicale riche dont le jaguar représenté sur le cahier.

Tikal, centre politique, économique et militaire précolombien majeur, est l'un des plus importants complexes archéologiques laissés par la civilisation Maya. Une zone urbaine intérieure de près de 400 hectares contient les principaux monuments et éléments d’architecture qui incluent des palais, des temples, des plates-formes cérémonielles, des petites et moyennes résidences, des terrains de jeu de balle, des terrasses, des routes et de grandes et petites places. Parmi ces éléments, le Temple I se trouve sur le long du côté est de la Grande place. C'est le monument emblématique de Tikal dont il caractérise le style architectural.

Couramment appelé « Temple de Ah Cacao » ou « Temple du Grand Jaguar », il a été bâti vers 734 ap. J.-C. Dressé sur un socle pyramidal à neuf degrés et couronné d'une crête faîtière, l'ensemble du temple s'éleve à 47 mètres de hauteur. Un escalier d'une seule volée conduit au temple proprement dit. Celui-ci est constitué de trois petites pièces en enfilade. Au-dessus de chaque porte se trouve un linteau en bois de sapotillier fabriqué à partir de plusieurs pièces de bois. Il s’agit d’une pyramide funéraire achevée aux alentours de 740-750 ap. dédiée à Jasaw Chan K'Awil, l'un des plus grands k'uhul ajaw (ou divin seigneur) de Tikal enseveli dans la structure en l'an 734. Son tombeau fut découvert sous la pyramide par Aubrey Trik de l'Université de Pennsylvanie en 1962.

Indices : 7 > Ce sont la végétation dense et tropicale ; les animaux sauvages ; la carte, la boussole, la machette et le pistolet, chacun de ces 4 indices reflétant la difficulté d'accès au dernier indice ; le temple. Il s'agit ici d'illustrer une découverte archéologique faite par hasard (on parle de découverte fortuite) grâce à un aventurier intéressé par l'exploration de contrées difficilement accessibles.

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Étape 2.1 - Repérer des vestiges : Étudier les sources écrites

MCA 1 p. 7 (étape 4.1 de la p. 10 dans la précédente version) et MCA 2 p. 8-9

Reconstitution du cheval de Troie au musée d'archéologie d'Istanbul ayant inspiré la p. 6 de Mon cahier d'archéologie (© Deror Avi - CC BY-SA 2.5) via Wikimedia CommonsDétail du pythos de Mykonos à l'origine de la p. 25 de Mon cahier d'archéologie (© Travelling Runes - CC BY-SA 2.0) via Wikimedia CommonsLes illustrations des p. 6 et 25 font appel aux œuvres littéraires que sont l’Iliade et l’Odyssée attribuées à Homère, aède (poète) de la fin du VIIIe siècle av. J.-C., surnommé « le Poète » (une exposition virtuelle « Homère. Sur les traces d'Ulysse » lui est consacrée sur le site de la Bibliothèque Nationale de France).

Après la mort des grands héros des deux camps, Hector et Achille, la guerre de Troie se trouve dans une impasse car aucun des deux camps n'arrive à s'imposer sur le champ de bataille. Inspiré par Athéna, Ulysse imagine alors une ruse pour investir la cité : faire entrer dans Troie un gigantesque cheval de bois renfermant une vingtaine de guerriers. C'est l'architecte charpentier Épéios qui se charge de la construction.

L'épisode du cheval de Troie est brièvement relaté pour la première fois par Homère dans l’Odyssée, son Iliade arrêtant la narration de la guerre de Troie aux funérailles d'Hector. Si aucune machine n'a été retrouvée dans la Troie de Heinrich Schliemann, plusieurs représentations grecques sont connues.

L'étape 2.1, étudier les sources écrites, coloriée par Mylène Trouillet avec des crayons de couleursPour la p. 6, nous avons retenu la reconstitution grandeur nature du cheval de Troie du musée archéologique d'Istanbul (figure de gauche) et pour la p. 25, nous avons retenu la représentation du pithos (jarre) de Mykonos, daté de la période Archaïque (env. 670 av. J.-C.) et conservé au musée archéologique de Mykonos (inv. 2240) en Grèce (figure de droite).

Indices : 2 > le livre en tant que support de la source écrite ; le titre du livre en tant que texte relatant un événement.
Ces deux indices renvoient à l'idée d'une identification d'une occupation humaine grâce à des sources écrites ainsi que Heinrich Schliemann l'a fait pour le site de Troie qui a fait l'objet de nombreuses missions de fouilles archéologiques.

Étape 2.2 - Repérer des vestiges : La prospection pédestre

MCA 1 p. 7 (étape 4.1 de la p. 10 dans la précédente version) et MCA 2 p. 8-9

Ce sont des lames en « livre-de-beurre » provenant des environs du Grand-Pressigny en Indre-et-Loire (37) qui servent à illustrer les pages 7 et 8-9 de Mon cahier d’archéologie intitulée La prospection pédestre ; la première méthode utilisée par les archéologues pour localiser d'anciennes occupations humaines.

Nucléus pour débitage laminaire pressigniens dit en « livre de beurre »Les lames en « livre-de-beurre » du Grand-Pressigny mesure au moins 22,5 cm et jusqu'à 37,5 cm de long. Ce sont les plus grandes lames en silex connues. Leur nom en « livre-de-beurre » provient a été donné en raison de la technique de débitage. Ce nom, donné au nucleus (la partie qui permet le débitage des lames), provient de la ressemblance de ce dernier avec les mottes de beurre de la région au XIXe siècle en matière de couleur et de forme. L'existence de ce débitage correspond à un épisode relativement court, entre 2.800 et 2.450 av. J.-C. ce qui correspond au Néolithique final. Ces grandes lames de pierre produites par des maîtres-tailleurs se diffusèrent jusque dans les Alpes, la Bretagne et les Pays-Bas. Elles sont le plus souvent retouchées sous forme de poignards, objet de prestige. Le musée de la Préhistoire du Grand-Pressigny constitue un centre de ressources de premier plan pour la connaissance de l’exploitation de ces silex et les premiers réseaux commerciaux européens.

Équipe d'archéologues amateurs encadrée par deux archéologues professionnels du Forest Service archaeologists pour une mission de prospection dans une section des montagnes San GabrielIdentification d’un vestige archéologique (un silex) lors d’une prospection par le Forest Service archaeologists de Californie (USA) dans les montagnes San GabrielÀ la différence d'une découverte fortuite, c'est-à-dire due au hasard, les archéologues du milieu du XXe siècle ont développé une méthode permettant d'explorer un espace de façon méthodique et systématique afin de révéler les anciennes occupations humaines. Cette méthode, c'est la prospection. Au sein de cette méthode, il existe plusieurs procédure. La plus ancienne et la moins coûteuse est la prospection pédestre. C'est une méthode non destructive, c'est-à-dire qu'elle ne porte pas atteinte au sol. En effet, après s’être rendus sur un lieu, les archéologues ne sont pas là pour fouiller, mais pour repérer en surface des vestiges prouvant la présence d’une ancienne occupation humaine.

Pour cela, Ils s’organisent soit en rang (mode de fonctionnement le plus ancien) soit en carré soit encore de façon différente en fonction de l'espace prospecté, du nombre de participants et du matériel à disposition. Quelle que soit l'organisation, l'objectif reste le même : arpenter la surface du sol de façon méthodique d’un bout à l’autre. Sur le chemin effectué à pied, d’où l’appellation de « pédestre », les prospecteurs scrutent le moindre détail qui leur permettrait de prouver que des êtres humains ont vécu autrefois sur le lieu prospecté.

L'étape 2.2, la prospection pédestre, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursSur le dessin, en équipe de cinq, Lisa la directrice de la mission archéologique d’ArkéoTopia, Alex l'archéologue, Tom l'étudiant en archéologie, Presto le lièvre et Pisteur le chien cherchent des indices de vie humaine de l’époque du Néolithique final dans un champ aux environs de la commune du Grand-Pressigny. Ils se sont habillés pour la circonstance : couvre-chef (chapeau, bob, casquette), chaussures de marche, vêtements solides et visibles avec bandes réfléchissantes. En tant que directrice de la mission, Lisa a obtenu l’autorisation du propriétaire du champ ainsi que du Service Régional de l’Archéologie.

Pisteur a flairé un nucléus. Alex, lui, ramasse une magnifique lame de silex en « livre-de-beurre » qu’il met dans un sachet qui porte le numéro d’inventaire de la mission de prospection. Il indiquera le lieu de découverte et d'autres informations dans son carnet de notes. Alors que Tom a déjà trouvé une lame qui se voit dans son sachet, il vient également de repérer un grattoir ou un racloir. Lisa utilise son bâton à fouir pour tester le sol sans avoir à se baisser et un seau pour récupérer des vestiges ne pouvant pas entrer dans les sachets. Presto est déçu de ne trouver qu’un rognon de silex sans intérêt archéologique.

Indices : 11 > une équipe de plusieurs archéologues ; les chapeaux pour se protéger du soleil ; le bâton à fouir ; le seau et les sachets plastiques pour ramasser les vestiges de surface ; les chaussures de marche ; vêtements à bandes réfléchissantes ; carnet de notes ; Pisteur le chien qui représente la capacité à prospecteur ; Presto le lièvre qui représente la capacité à transmettre des informations rapidement ; le champ avec ses lignes qui donnent le type de lieu où se trouve l’équipe ; les vestiges de silex parsemant le champ (lames, nucleus et grattoir/racloir) trahissant la présence d'êtres humains autrefois

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Étape 2.3 - Repérer des vestiges : La prospection satellite

MCA 1 p. 8 (étape 4.2 de la p. 11 dans la 1ère édition) et MCA 2 p. 10

L'étape 2.3, la prospection satellite, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursLa pyramide de Khéops / CC BY 2.0 Francesco GasparettiC'est la pyramide de Khéops en Égypte qui sert à illustrer la page 8 de Mon cahier d’archéologie intitulée La prospection satellite ; une autre des méthodes des archéologues pour localiser d'anciennes occupations humaines.

Classé au patrimoine mondial de l'humanité par l’UNESCO depuis 1979 avec la nécropole de Memphis, ce monument construit par les égyptiens de l'Antiquité forme une pyramide à base carrée. Tombeau présumé du pharaon Khéops, elle fut édifiée sous la IVe dynastie, entre 2 551 et 2 528 av. J.-C. selon l’archéologue américain Mark Lehner. Elle se situe au centre du complexe funéraire de Khéops à proximité de Gizeh non loin du Caire, capitale de l'Égypte. C’est la plus grande des pyramides de Gizeh.

La pyramide de Khéops n’a pas été trouvée par prospection satellite. En revanche, c’est bien le cas d’autres pyramides égyptiennes qui ont été repérées par différents archéologues égyptiens, américains et français. Un exemple parmi d'autres, l'article de l'AFP « Égypte : dix-sept pyramides découvertes grâce à un satellite » fait état de plusieurs découvertes de pyramides et de bâtiments égyptiens de l'antiquité découverts grâce à une prospection satellite.

Mieux connue, la pyramide de Khéops sert à faire comprendre comment les archéologues, représentés par Thot le babouin ou Lisa l’archéologue selon les versions du cahier, utilisent un satellite pour repérer des vestiges laissés par l’être humain sans avoir besoin de quitter leur laboratoire. Grâce à Internet, nous sommes même tous capables d’afficher une image satellite de la Terre sur notre ordinateur. En effet avec des outils comme Google Earth, nous pouvons obtenir une image comme celle du plateau de Gizeh prise par l’équipe d’ArkéoTopia. En revanche, une fois l’image récupérée, il faudra l’analyser pour que les anomalies qu’elle contient puissent être révélées. Un travail plus compliqué qu’il n’y paraît même si des archéologues amateurs, qui n’ont donc pas de formation en archéologie, se prêtent au jeu.

Le plateau de Gizeh avec la pyramide Khéops depuis Google Earth Astranis microGEO Satellite - CC BY-SA Astranis Space Technologies

Dessin du dieu Thot représenté avec la tête d'ibis d'après des tombes du Nouvelle Empire - CC BY-SA 4.0 Jeff DahlOutre la relation avec l’Égypte, Thot le babouin figure l’intelligence humaine en tant que représentation du dieu égyptien Thot. Inventeur de l'écriture et du langage, Thot est l’incarnation de l'intelligence et de la parole. C’est pourquoi, il est représenté en train de se servir d’un ordinateur qui affiche l’image du continent africain avec la pyramide de Khéops récupérée grâce aux ondes envoyées par le satellite.

Indices : 5 > le satellite qui prend des images de la terre et qui les retransmet sur des écrans ; la terre vue du ciel ; l'ordinateur qui affiche les images prises par le satellite ; les ondes qui permettent la récupération des images et leur retransmission sur les écrans ; Thot le babouin qui représente ici l'intelligence humaine au service du patrimoine.

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Étape 2.4 - Repérer des vestiges : La prospection aérienne

MCA 1 p. 9 (étape 4.3 de la p. 12 dans la 1ère édition) et MCA 2 p. 11

Les vestiges de Boves (Somme, France) en juillet 2008 ayant inspiré la p. 12 de Mon cahier d'archéologie (© Marc ROUSSEL - CC BY-SA 3.0) via Wikimedia CommonsVue aérienne de Boves depuis l'Est via Google Earth C'est la motte castrale de Boves qui sert à illustrer les pages 9 et 11 de Mon cahier d’archéologie intitulées La prospection aérienne ; l'une des méthodes des archéologues pour localiser d'anciennes occupations humaines.
Inscrit à l’inventaire des Monuments historiques (MH) le 4 mars 1926, ce site de défense médiéval situé sur le territoire de la commune de Boves à 8 km au sud-est d'Amiens, dans la Somme, présente deux intérêts majeurs pour l'archéologie médiévale française : une longue chronologie d'occupation du Xe au XVIe siècle et un état exceptionnel des vestiges avec des élévations en pierres sèches et en pierres de taille ainsi qu'un important fossé en U de 45 m sur 21 m de profondeur. Le choix du site par les seigneurs de Boves est dû à la présence de la confluence de deux rivières, la Noye et l'Avre.

Construite vers le début du Xe siècle, la motte castrale a été élevée par les occupants et associée à deux basses-cours. La motte a été plusieurs fois agrandie et remaniée pour accueillir des bâtiments en bois puis en pierre. Cette résidence aristocratique fortifiée a appartenu à différentes familles puissantes dont la famille tige des Coucy du XIe au XIIe s. et les ducs de Lorraine du XIVe au XVIe s. Le château de la dernière phase de construction fut démantelé en 1595. Il servit alors de carrière à ciel ouvert comme cela s'est pratiqué à l'époque pour les bâtiments à l'abandon. Au XIXe siècle, seuls les vestiges de la dernière tour subsistaient sur la motte, comme l'attestent des dessins et peintures et comme le mentionne très brièvement et vraisemblablement déçu Victor Hugo, lors de sa visite en août 1835 : « J'ai vu les ruines […] de Boves, un grand donjon crevassé... ». Grâce aux études archéologiques menées par le Pr. Philippe Racinet, Victor Hugo pourrait aujourd'hui admirer l'importance du lieu qui est bien loin de ne présenter qu'un grand donjon crevassé.L'étape 2.4, la prospection aérienne coloriée par Chris Esnault avec des crayons

À l'heure actuelle on sait que le site se compose de trois espaces distincts :
* la motte castrale au sud-est
* une première basse-cour comprenant la résidence seigneuriale et les bâtiments utilitaires, un espace intermédiaire occupé par l'église Notre-Dame et le prieuré clunisien Saint-Aubert
* une seconde basse-cour plus au nord

Indices : 4 > l’aigle Perçant ; l’avion ; l’appareil photographique et le cercle d’arbres.
Il s'agit ici d'illustrer comment les archéologues arrivent à repérer des occupations humaines qui ne se distinguent pas nettement lors d’une prospection au sol (prospection pédestre).
Pour cela, ils devront faire comme Alex :

  1. avoir une vue aussi perçante qu’un aigle pour distinguer les anomalies dans le paysage,
  2. analyser rapidement la situation d’ensemble pour choisir quelles photographies prendre,
  3. prendre des clichés au bon moment en fonction de la position de l’avion par rapport à ce qu’ils ont détecté au sol, à la hauteur du vol de l’avion et à la lumière du soleil afin de réussir au mieux les prises de vue.

Cependant, après le vol, c'est en analysant les images prises qu’ils pourront le mieux percevoir les anomalies visibles depuis le ciel comme ici le cercle d’arbres qui indique une potentielle occupation humaine.

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Étape 2.5 - Repérer des vestiges : La prospection géophysique

L'étape 2.5, la prospection géophysique, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursMCA 1 p. 10 (étape 4.4 de la page 13 dans la 1ère édition) et MCA 2 p. 12

Ressources complémentaires en préparation

Indices : 6 > Lisa l'archéologue en habit de prospection qui se reconnaît au chapeau, aux bottes, à la veste avec bandes de sécurité réflechissantes et à son carnet de notes ; l'appareil de prospection que porte Lisa qui s'appelle un magnétomètre ; la tablette et son écran qui permettent de comprendre ce que « voit » le magnétomètre sous le sol ; les ondes du magnétomètre ; Radar la chauve-souris qui illustre le fonctionnement du magnétomètre ; les vestiges qui se trouvent sous le sol qui sont des murs d'époque gallo-romaine.

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Étape 2.6 - Repérer des vestiges : Faire l'inventaire du patrimoine culturel

MCA 1 p. 11 (étape 1.2 de la p. 5 dans la précédente version) et MCA 2 p. 14-15

L'étape 2.6, faire l'inventaire du patrimoine culturel, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursL'image de l'Institut dart et darchéologie ayant inspiré la p. 5 de Mon cahier d'archéologiePar exemple, connaissiez-vous l'Institut d'art et d'archéologie, dit aussi Centre Michelet ? Ce bâtiment du 6ème arrondissement de Paris est situé entre le 6 avenue de l'Observatoire et le 3 rue Michelet au bout du Jardin du Luxembourg. Il y a quelques années encore, il abritait les facultés d'histoire de l'art des universités Paris I et Paris IV dont certains services ont déménagé aujourd'hui. Il a été conçu par l'architecte Paul Bigot entre 1925 et 1928. Il est depuis le 9 septembre 1996 classé aux Monuments historiques. Il a fait l'objet d'une synthèse par Christian Hottin de la Direction de l'architecture et du patrimoine (DAPA) sur le site de L'archive ouverte HAL-SHS (Sciences de l’Homme et de la Société) destiné au dépôt et à la diffusion d'articles scientifiques.

Indices : 3 > l'appareil photographique ; le carnet avec le crayon ; la plaque de rue.
Pourquoi ? Parce que le matériel utilisé par Alex et Lisa (carnet de note, appareil photo) leur permet d'enregistrer des informations comme le font les personnes travaillant à l'inventaire du patrimoine dans les villes et les villages. La plaque de rue a son importance car elle identifie le lieu. C'est, par exemple, en faisant ce travail qu'ArkéoTopia a pu constater que le Collège des Irlandais n'avait pas fait l'objet d'une étude archéologique.

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Étape 3 - Financer le travail des archéologues : Trouver de l'argent

L'étape 3, financer la recherche archéologique, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursMCA 1 p. 13 (étape 2 de la page 7 dans la 1ère édition) et MCA 2 p. 16-17

Ressources complémentaires en préparation

Indices : 5 > l'urne pour récolter l'argent des donateurs ; Lisa l'archéologue appelant à donner pour financer la recherche archéologique ; Alex en tête de cortège avec le panneau « Vive l'archéologie » ; la fanfare pour rendre l'événement festif ; Musculus la souris et Ratiche le rat en train de danser.

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Étape 4 - Obtenir une autorisation pour fouiller : Le permis de construire et l'autorisation de fouilles

MCA 1 p. 14 (1ère édition, étape 3, p. 8) et MCA 2 p. 18L'étape 4, l'autorisation de fouilles, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleurs

C’est une structure gallo-romaine qui sert à illustrer les pages 14 et 18 de Mon cahier d’archéologie intitulées Le permis de construire et l’autorisation de fouilles. Il s’agit ici de présenter d'une part comment la population française participe à la carte archéologique, c'est-à-dire à l'identification d'anciennes occupations humaines à l'échelle nationale, et d'autre part quelles sont les conditions pour pouvoir opérer une fouille, qu’elle soit préventive ou programmée.

En France, avant toute construction, qu'il s'agisse d'opérations immobilières (immeubles, villages vacances, restaurants, etc.), d'aménagement de l'espace urbain (grand travaux ferroviaires, voiries, etc.) ou même de constructions individuelles (piscine familiale, extension d'une maison, etc.), il faut obtenir une autorisation préfectorale selon le Code du Patrimoine.

Fouilles préventives de l'INRAP sur une occupation Mésolithique à Paris XVe sur le futur emplacement du SYCTOMSi cette demande est contraignante, elle permet de s'assurer que la construction ne va pas détruire des vestiges. Même la millième maison gallo-romaine apporte des informations utiles aux archéologues ; et par extension à notre compréhension de l'Histoire humaine. Il faut garder à l'esprit que la qualité d'un résultat scientifique, que ce soit en archéologie ou dans n'importe quel domaine, relève de la mise en série. Plus il y a d'informations, plus la justesse des analyses est grande. Le développement de l’archéologie préventive a permis de sauvegarder ce qui était détruit hier sans qu’aucune étude n’ait pu être réalisée.

Tenue d’un uniforme de préfet et de sous-préfète à l’hôtel de BeauvauSur l'image de Mon cahier d'archéologie, les voisins de notre jeune Augustin souhaitent faire construire une piscine. Ils ont déposé une demande de permis de construire auprès de la mairie. Cette demande leur sera accordée sous condition que la construction de la piscine ne détruise pas des vestiges patrimoniaux. C’est ce que doivent vérifier les archéologues représentés par Alex. En france, les prescriptions diagnostiques sont réalisées par l’Inrap. Créé en 2002 en application de la loi de 2001 sur l'archéologie préventive, L'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) assure la détection et l'étude du patrimoine archéologique touché par les travaux d'aménagement du territoire.

Villa gallo-romaine de MontmaurinComme Alex a un doctorat d’archéologie et un agrément de l’État pour les fouilles préventives, Madame le Préfet lui délivre une autorisation de fouilles diagnostiques. Quand Alex et son équipe auront terminé le diagnostic et selon les résultats, Madame le Préfet délivrera aux voisins d’Augustin le permis pour construire leur piscine. Trace l’escargot, qui représente les traces laissées par l'être humain, sait déjà que les voisins devront attendre un peu pour leur piscine. En effet, Trouette la taupe lui a révélé qu'une Villa gallo-romaine attend d'être découverte sous les pieds de la famille dont la coupe des murs de fondation se distingue sous les pieds de nos amis.

Indices : 9 > la maison des voisins d'Augustin qui représente la production humaine d'aujourd'hui ; les voisins d'Augustin (la maman et le petit garçon) qui représentent les citoyens ayant un projet d'aménagement de leur maison qui nécessite une autorisation des pouvoirs publics ; le document sur le projet de construction de piscine qui représente le document à remplir par des citoyens pour une remise aux pouvoirs publics afin que l'autorisation de construire puisse être donnée ; Alex l'archéologue en habit de chantier avec son casque et son carnet de notes qui représente la communauté scientifique qui assure la documentation du patrimoine ; le document d'autorisation de fouilles transmis par Madame le préfet qui permettra à Alex et son équipe d'intervenir ; Madame le préfet en habit de réception qui représente les pouvoirs publics qui assure l'interface entre les citoyens et les autres services de l'État ou des collectivités territoriales, ici le Ministère de la Culture qui assure la mise en place de fouilles préventives ; le document de permis de construire que Madame le préfet transmettra aux voisins d'Augustin une fois le diagnostic et/ou la fouille effectuée ; Trace l'escargot qui représente les traces laissées (les vestiges) par les êtres humains ; les vestiges de murs gallo-romains attendant sous le jardin des voisins d'Augustin d'être trouvés par Alex l'archéologue et son équipe qui représentent les informations indispensables à une meilleure compréhension de l'Histoire humaine.

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Étape 5.1 - Intervenir sur le terrain : Étudier les bâtiments

L'étape 5.1, étudier les bâtiments encore en utilisation, coloriée par Mylène Trouillet avec des crayons de couleursMCA 1 p. 15 et MCA 2 p. 19

Ressources complémentaires en préparation

Indices : 4 > la cathédrale de Reims qui représente un document patrimonial autant qu'archéologique malgré la poursuite de son utilisation comme lieu de culte ; Lisa et Alex, les archéologues en habit de chantier, qui représentent les scientifiques travaillant sur l'archéologie du bâti pour mieux reconstituer la chronologie de la construction du bâtiment et ainsi en comprendre son Histoire ; la station totale qu'utilise Alex et la mire que tient Lisa qui représentent les outils nécessaires aux archéologues pour prendre les mesures qui seront utiles à l'analyse du bâtiment ; Éclair, le pigeon, qui assure la transmission des informations par voie aérienne entre le terrain et le laboratoire.

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Étape 5.2 - Intervenir sur le terrain : Comprendre la stratigraphie

MCA 1 p. 16 et MCA 2 p. 20

L'étape 5.2, comprendre la stratigraphie, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursCe n’est pas un site réel qui sert à illustrer les pages 16 et 20 de Mon cahier d’archéologie intitulées Intervenir sur le chantier - Comprendre la stratigraphie ; un outil emprunté à la géologie pour fournir deux informations aux archéologues.

Lors d'une fouille archéologique, la stratigraphie est un outil fondamental des archéologues. Elle leur permet de comprendre chaque strate ou couche qui s’est déposée au fil du temps. Grâce à la stratigraphie, les archéologues peuvent remonter le temps et ainsi dater chaque découverte. Ils peuvent également étudier les relations entre les couches et ainsi apprendre laquelle a perturbé l'autre afin d'obtenir des informations utiles permettant de reconstituer le dépôt.

Comme les archéologues ne peuvent pas savoir à l’avance le nombre de couches qu’ils vont trouver, ils les numérotent en partant du sol actuel. De ce fait, les couches les plus anciennes portent des numéros toujours très grands car ce sont celles qui se trouvent au fond du trou qu’ils creusent alors que les couches les plus récentes portent des petits nombres.

Prenons un mille-feuille ou un plat de lasagnes. Pour atteindre la dernière couche qui a pourtant été déposée en premier lors de la préparation du plat, il faut déjà enlever les couches immédiatement accessibles. Ce sont pourtant les dernières à avoir été déposées, mais ce sont les premières qui seront enlevées. En archéologie, cela correspond à la figure ci-dessous où un être humain construit une maison sur la partie gauche du dessin. Pour découvrir les étapes de construction et de destruction de cette maison, il faudra partir de la dernière image, qui devient la première pour les archéologie, afin de revenir à la première qui correspond au sol vierge. La stratigraphie permet ici de connaître le mode de dépôt des sédiments et la façon dont les niveaux d’habitat s’intercalent.

Le Musée d'archéologie nationale présente une courte vidéo sur le Relevé de coupe stratigraphique avec Annie Roblin-Jouve présentant les différents niveaux d’habitat que revèle une coupe stratigraphique du site d'Étiolles.

La stratigraphie, c'est comme un mille-feuille / CC BY-SA Raphael Labbé

La stratigraphie, c'est comme un mille-feuille. C'est composé d'une multitude de couches.
CC BY-SA Raphael Labbé


Un exemple de stratigraphie
À gauche, la construction d'une maison de la découverte de son terrain à sa disparition suite à divers dépôts sédimentaires.
À droite, la fouille stratigraphique de cette maison par des archéologues.
CC BY-SA Raphael Labbé et Gransard-Desmond J.-O.

La stratigraphie met en évidence la nécessité de détruire le site où les archéologues travaillent. En effet, pour atteindre le sol vierge, c’est-à-dire le sol que l’être humain n’a jamais touché et qui est resté naturel, les archéologues doivent d’abord détruire toutes les couches précédentes, ce qui signifie de détruire le site même si c'est un bâtiment.

Axonométrie d'une étude stratigraphique d'un site fictif / CC0 BorisSouvent, les couches ne se succèdent pas aussi nettement que dans le dessin de Mon cahier d’archéologie. Les animaux fouisseurs comme ici la taupe Trouette qui représente les archéologues, les fouines, les lapins et bien d’autres animaux, déplacent les objets et perturbent les relations entre les couches. D'autres raisons peuvent perturber les couches stratigraphiques. Les constructions humaines elles-mêmes peuvent en être responsables. C'est ce qui se produit avec les trous de poteaux ou les tranchées de fondation. Les événements naturels (glissement de terrain, éruption volcanique, raz de marée, etc.) peuvent également représenter une source de perturbation.

La coupe stratigraphique présentée dans Mon cahier d’archéologie a été voulue simple afin d’être le plus accessible. Elle permet de voir la relation temporelle qui s’exprime dans la terre en partant de la couche de surface représentée par la ville et la campagne sous laquelle se trouvent :

  1. la couche ou la strate n°1 qui contient un casque Adrian qu'un poilu aurait pu utiliser, représentant ainsi un vestige de la Première Guerre Mondiale (début du XXe siècle) et donc de la période contemporaine ;
  2. la couche ou la strate n°2 qui contient un sextant maritime que Christophe Colomb aurait pu utiliser, représentant ainsi un vestige de la Conquête des Amériques (fin XVe siècle) et donc de la période moderne ;
  3. la couche ou la strate n°3 qui contient un bouclier qu'un soldat romain aurait pu utiliser, représentant ainsi un vestige du 1er siècle av. J.-C. et donc de la période antique ;
  4. la couche ou la strate n°4 qui contient une épée avec poignée en X à tête humaine qu'un guerrier celte aurait pu utiliser, représentant ainsi un vestige de 60 av. J.-C. et donc de la période antique également, mais pourtant antérieur ;
  5. la couche ou la strate n°5 qui contient un biface qu'un être humain préhistorique aurait pu utiliser, représentant ainsi un vestige de 1,6 millions d'années av. J.-C. et donc de la période paléolithique archaïque.

ATTENTION, l’outil stratigraphique ne fonctionne pas seulement à l’horizontale. Il fonctionne également à la verticale. C’est particulièrement vrai avec l’étude du bâti que ce soit pour l’étude de la dépose des papiers peints, des peintures, des enduits, etc. Une illustration assez claire en est donnée par la photographie présentant un exemple de recherche stratigraphique dans la salle à manger d’Alexandra David-Néel dans l’article « Étude stratigraphique à la maison Alexandra David-Néel » paru dans la Lettre d’information Patrimoines en Paca n°42 de mai 2018 (p. 3).

Indices : 7 (version 5-8 ans) > Trouette, la taupe, représentée une fois avec son casque de chantier et une autre avec sa truelle (ces deux version de Trouette représentent l'une des activités de l'archéologue : la fouille) ; la figuration en ombre chinoise d'une ville et d'une partie de campagne qui représente la couche de surface sous laquelle se trouvent d'autres couches ou strates de différentes périodes qui contiennent des vestiges de l'Histoire humaine ; la couche ou strate n°1 et ses vestiges ; la couche ou strate n°2 et ses vestiges ; la couche ou strate n°3 et ses vestiges ; la couche ou strate n°4 et ses vestiges ; la couche ou strate n°5 et ses vestiges.

Indices : 7 (version 8-16 ans) > Trouette, la taupe, animal fouisseur qui représente la fouille, l'une des activités de l'archéologue ; la figuration en ombre chinoise d'une ville et d'une partie de campagne qui représente la couche de surface sous laquelle se trouvent d'autres couches ou strates de différentes périodes qui contiennent des vestiges de l'Histoire humaine ; la couche ou strate n°1 et ses vestiges ; la couche ou strate n°2 et ses vestiges ; la couche ou strate n°3 et ses vestiges ; la couche ou strate n°4 et ses vestiges ; la couche ou strate n°5 et ses vestiges.

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Étape 5.3 - Intervenir sur le terrain : La fouille subaquatique

L'étape 5.3, la fouille subaquatique, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursMCA 1 p. 17 et MCA 2 p. 22-23

C'est le site de la fausse passe de Payou à Vanikoro où gît l'épave de l'Astrolabe qui sert à illustrer la page 17 de Mon cahier d’archéologie intitulée La fouille subaquatique ; l'une des pratiques des archéologues pour fouiller d'anciennes occupations humaines.

Le dessin illustre le fait que, parfois, les vestiges ont été recouverts par les eaux. C’est le cas des bateaux qui ont sombré, des avions qui ont subi un crash, tout comme les occupations humaines recouvertes par les eaux comme les habitations préhistoriques présentes autour ou sur des lacs et des marais, des bâtiments plus récents comme la basilique byzantine datées de 313 ap. J.-C. située dans le lac d'İznik (province de Bursa en Turquie), des quartiers de ville comme le Grand port de transit du Borj el-Hassar avec ses quais et son phare sur les îles de Kerkennah en Tunisie.

L'Astrolabe et la Boussole au mouillage probablement en Alaska en 1786. Dessin réalisé lors de l'expédition La Pérouse.Les archéologues doivent alors s’équiper pour fouiller sous l’eau. En plus de porter une combinaison de plongée et des bouteilles d’air comprimé, ils doivent utiliser du matériel adapté au milieu aquatique : des flotteurs pour repérer les vestiges, des suceuses à eau ou à air pour dégager ces vestiges, des sacs filets pour stocker les petits vestiges et des parachutes pour les remonter à la surface, du matériel photographique et de dessin qui fonctionne sous l’eau. À l’aide du carroyage, Alex l'archéologue relève le carré A3 des vestiges provenant de l’épave de l’Astrolabe à Vanikoro au Royaume des Îles Salomon dans l’océan Pacifique en compagnie de Dona la femelle dauphin.

Le dessin présenté correspond au relevé de l'épave de l'Astrolabe tel qu'il figure à la page p. 48 du rapport de la campagne archéologique de 1999 intitulé Lapérouse à Vanikoro, Résultats des dernières recherches Franco-Salomonaises aux îles Santa Cruz publié en 2003.

Louis XVI donnant des instructions à La Pérouse, le 29 juin 1785 - peinture de Nicolas-André Monsiau (1754-1837) / CC0Très intéressé par les voyages entrepris par l'explorateur et cartographe britannique James Cook de 1768 à 1779, le roi Louis XVI confie au comte de La Pérouse la direction d'un voyage de circumnavigation (navigation en bateau autour d'un lieu, ici la Terre entière). Deux frégates ont la charge de sillonner les mers du globe afin d'explorer de nouvelles terres et d'accumuler les observations scientifiques. Sous le commandement respectif de Jean-François de La Pérouse (1741-1788) et de Paul Fleuriot de Langle (1744-1787), les frégates la Boussole et l'Astrolabe quittent Brest le 1er août 1785. Ces deux bâtiments embarquent chacun environ cent dix hommes à bord : officiers supérieurs et mariniers, canonniers, matelots, domestiques, mais aussi une poignée de scientifiques et de savants de renom. Le 10 mars 1788, après une ultime relâche à Botany Bay près de Sydney, sur la côte australienne, les Français appareillent pour une dernière mission avant le retour vers l'Europe ; son but : reconnaître la côte occidentale de la Nouvelle-Calédonie et les territoires environnants. De ce jour et jusqu'à ce que le commandant anglais Peter Dillon en 1827 découvre la preuve de la fin tragique de l'expédition sur les récifs de Vanikoro, dans l'archipel des Salomon, nul n'a jamais plus entendu parler des deux frégates et de leurs équipages.

Aujourd'hui, les vestiges issus des différentes campagnes de fouilles menées depuis 1981 peuvent être admirés au Musée maritime de Nouvelle-Calédonie à Nouméa ou en ligne sur le site www.collection-laperouse.fr au même titre que le sextant Mercier de l'étape 7.2 des pages 40-41 de Mon cahier d'archéologie (voir plus bas).

Indices : 7 > Dona la femelle Dauphin ; Alex en plongeur avec la combinaison de plongée - le masque - les plombs de lestage - la bouteille d'air comprimé - le profondimètre - les palmes - le couteau de défense ; la tablette et le crayon pour faire le relevé de terrain ; le panier percé pour remonter facilement dans l'eau les vestiges trouvés sur le site ; le flotteur pour marquer la présence de vestiges (ici l'assiette) ; le carroyage de la fouille de l'épave et les étiquettes ; les vestiges visibles (ancres et canons).
Il s'agit ici d'illustrer comment se présente une fouille et quels sont les outils que les archéologues utilisent sous l'eau.

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Étape 5.4 - Intervenir sur le terrain : La fouille terrestre

L'étape 5.4, la fouille terrestre, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursMCA 1 p. 18 et MCA 2 p. 24

C’est la grotte de Lascaux (aux environs de 15.000 av. J.-C. - fin de la période solutréenne et début de la période Magdalénienne) en Dordogne qui sert à illustrer les pages 18 et 24 de Mon cahier d’archéologie intitulées La fouille terrestre. C'est la plus connue des activités de terrain et la plus connue des activités en général des archéologues alors qu’elle ne représente qu’une étape parmi d’autres activités de l’archéologie.

Peinture d'un cheval de Przewalski dans la grotte de LascauxClassée au titre des Monuments historiques (MH en 1940 par arrêté du 27 décembre 1940, la grotte de Lascaux a été inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco en octobre 1979 parmi différents sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère. Elle présente un très riche répertoire iconographique des artistes magdaléniens : aurochs, bisons, chevaux, cerfs, ours, signes, être oiseau.Un aurochs, des cerfs et un équidé à Lascaux 4 (Dordogne, France) Seuls un aurochs et un cheval ont été représentés dans l’étape pour illustrer ce répertoire. Aucune main négative n’a été retrouvée à Lascaux, mais il s’agissait de représenter une technique très prisée à l’école élémentaire.

Si la fouille terrestre est la méthode la plus connue de l’archéologie, il n’y a pas que les archéologues qui fassent des fouilles terrestres. Les paléontologues qui étudient les dinosaures font également des fouilles, mais leur objet d’étude est complètement différent de celui des archéologues malgré les confusions souvent entretenues par les médias et l’enseignement scolaire. Les paléontologues étudient les fossiles d’êtres vivants alors que les archéologues étudient l’Histoire humaine au travers des capacités techniques de ce dernier.

Dans l’archéologie française, la fouille terrestre se distingue entre fouille programmée et fouille préventive. La première, qu’elle soit terrestre ou subaquatique, est motivée par des objectifs de recherche scientifique (apport de connaissances) alors que la seconde est motivée par des objectifs de sauvegarde scientifique des vestiges qui vont être détruits par des travaux publics ou privés. Dans le premier cas, les archéologues ont tout le temps nécessaire pour étudier le site alors que dans le second cas, ils sont contraints par des durées parfois très courtes qui ne permettent que de recueillir les données, ce qui peut les faire passer à côté de données nouvelles qui nécessiteraient plus de temps pour être comprises.

Dans les deux cas, le bon geste de l’archéologue et de sa truelle consiste en un geste ample droit devant soi avec la truelle pour racler avec précaution la terre en la ramenant vers soi comme dans la vidéo ci-contre.

Fouilles dans la grotte de Manot Cave en Israël / CC BY-SA 3.0 Manot Cave Expedition, septembre 2011Selon l’environnement et la civilisation étudiés, la fouille sera organisée différemment. Il s'agit ici d'illustrer le travail de la fouille terrestre en grotte. Le carroyage n’est plus au sol mais réalisé en utilisant des fils qui seront dévidés à partir du ciel de la grotte (c’est ainsi que le plafond est appelé) au fur et à mesure de l’avancée de la fouille. C’est pour cette raison qu’ils sont lestés avec des plombs. Afin de permettre le travail, des luminaires sont installés au ciel qui sont alimentés par un générateur, invisible ici. La dénivellation montre que le dégagement d’une fouille n’est pas forcément uniforme, certains espaces nécessitant un dégagement plus important que d’autres. Le dégagement d’un carré de fouille s’effectue grâce à une truelle dont la forme losangique présente des avantages pour choisir entre un décapage à plat par l’arrière de la truelle ou à la perpendiculaire du sol en tenant la truelle sur le côté. Ici, Alex l’archéologue, vêtu d’un casque et d’un vêtement à bandes réfléchissantes pour assurer sa sécurité, fouille de façon perpendiculaire à la couche où il a mis au jour un silex.

Indices : 13 > luminaires pour éclairer la fouille ; fils à plomb pendant depuis le ciel de la grotte avec leur ficelle ; cheval peint par les magdaléniens ; aurochs peint par les magdaléniens ; main négative réalisée par les magdaléniens ; les différents carrés de la fouille ; le casque d’Alex et ses habits ; la truelle losangique d’Alex ; la position d’Alex, à genou sur le sol ; le silex mis au jour par Alex ; le petit tas de terre devant les genoux d’Alex ; le ciel de la grotte ; la terre fouillée par Alex et qui est vue en coupe.

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Étape 5.5 - Intervenir sur le terrain : Photographier un vestige

MCA 1 p. 20 et MCA 2 p. 26-27

L'étape 5.5, photographier un vestige, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursRessources complémentaires en préparation

Indices : 8 > Alex l'archéologue qui représente le scientifique en train de travailler sur un chantier de fouilles ; l'appareil photographique qui représente un des outils utilisés par le scientifique pour prendre la photographie d'un vestige ; le seau rempli d'eau servant à mouiller autour du vestige pour faire ressortir les couleurs de la terre représente un autre outil du scientifique pour prendre la photographie d'un vestige ; le panneau lettreur contenant les informations utiles pour savoir où, quand et quel vestige correspondent à la photographie et qui représente un autre outil du scientifique pour prendre la photographie d'un vestige ; l'échelle photographique servant à donnant les dimensions du vestige représente un autre outil du scientifique pour prendre la photographie d'un vestige ; la flèche qui indique le Nord servant à fournir l'orientation du vestige représente un autre outil du scientifique pour prendre la photographie d'un vestige ; le trait circulaire représentant le silo de l'Âge du Fer (construction humaine ici en terre servant à conserver les aliments au frais) qui représente le vestige photographié par Alex ; Cortex le corbeau qui représente l'intelligence humaine et ici la capacité des scientifiques à trouver une solution pour photographier un vestige fait de terre au milieu de la terre (en mouillant autour du silo pour faire ressortir les couleurs du silo lui-même)

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Étape 5.6 - Intervenir sur le terrain : Identifier les vestiges

L'étape 5.6, identifier des vestiges, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursMCA 1 p. 22 (page 23 dans la 1ère édition) et MCA 2 p. 28

C'est un fragment de vase de jardin provenant de Versailles qui a inspiré le dessin des pages 22 et 28 de Mon cahier d’archéologie intitulées Identifier les vestiges ; une démarche fondamentale qui permet aux archéologues de retrouver le vestige où qu’il se trouve une fois entré dans les réserves.

Marquage de vestiges sur le site du Old Champoeg townsite durant l'été 1974 (Champoeg State Park, Oregon, USA)En plus de photographier le vestige en place et d’en faire un dessin, les archéologues doivent passer par une autre étape : l’identification. En identifiant chaque vestige, les archéologues laissent une marque appelée numéro de fouille. C’est ce numéro qui fournira aux collègues de l’archéologue, aux autres scientifiques comme aux conservateurs de musée, les informations leur permettant de savoir d’où provenait le vestige et par où il est passé. C’est ce numéro qui permettra aussi de pouvoir suivre la vie du vestige depuis le terrain (fouilles, dons d’une personne, inventaires) jusqu’au musée.

Un numéro de fouille ne s’invente pas en quelques secondes. C’est une information qui se réfléchit bien avant la fouille ou l’inventaire. En effet, il doit être à la fois simple et efficace : simple pour pouvoir être directement noté sur le vestige et efficace pour être compréhensible aisément.

Vue aérienne du Château de Versailles en FranceDans cette étape, le tesson de vase découvert par Annick Heitzmann et Adeline Bats en 2008 dans les remblais du bosquet de la Reine à Versailles sert à faire comprendre cette étape. Lisa l’archéologue écrit le numéro de fouilles Vers.F18.6.2008 sur la céramique en faïence bleue et blanche avec un rotring ou stylo à plume qui permet de marquer à l'encre les informations utiles sur l'étiquette. Ce numéro de fouilles ou numéro d’inventaire permet de savoir que ce tesson a été trouvé à Versailles en juin 2008 et correspond au numéro F18 des découvertes effectuées à cette époque. C’est un numéro inventé afin d’être le plus explicite possible auprès des jeunes.

Indices : 4 > le paysage représentant le château de Versailles qui sert à comprendre où le vestige a été découvert ; le tesson de vase de moins de 20 cm remontant au XVIIIe siècle tenu par les mains de Lisa l'archéologue qui correspond au vestige qui nécessite d'être identifier, c'est-à-dire d'être marqué pour savoir d'où il a été extrait et quand ; le rotring permet de marquer à l'encre les informations utiles sur l'étiquette ; l'étiquette notée Vers.F18.6.2008.

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Étape 6.1 - Au laboratoire : Étudier les traces sur les objets

MCA 1 p. 24 et MCA 2 p. 30

C'est la lame en silex n°883 provenant de Charavines (France) qui sert à illustrer les pages 24 et 30 de Mon cahier d’archéologie intitulées Étudier les traces sur les objets mettant en scène l’étude des traces ; une des méthodes qui permet aux archéologues de comprendre pourquoi a été fait le vestige, voire à quoi il a servi, avant que d’être perdu ou rejeté.

Reconstitutions au musée des palafittes d'UnteruhldingenMaquette de reconstruction de la technique de fouille subaquatique au Musée archéologique du lac de Paladru à Charavines (France)Les archéologues ne fouillent pas seulement sous terre ou en mer, mais également dans les lacs. Ainsi, à Charavines, des fouilles subaquatiques ont livré un siècle de vie quotidienne de villages installés sur la terre ferme de Paladru, au bord du rivage à l’époque, site aujourd’hui sous l’eau. Le site de Charavines-les-Baigneurs qui remonte au Néolithique a fait partie de nombreux autres sites palafittiques inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO le 27 juin 2011 sous le nom de Sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes. Cette inscription a vocation à protéger les 111 sites de vestiges d'habitations préhistoriques répartis autour des lacs et des marais de l'Arc alpin situé en Suisse, Autriche, France, Allemagne, Italie et Slovénie.

Par ailleurs cette étape illustre que les archéologues ne travaillent pas seulement en fouilles, mais également en laboratoire. Depuis les travaux de l’archéologue russe Sergueï A. Semenov (1898-1978) en 1964, l’archéologie s’est munie d’une méthode qui complète celle permettant l’étude des formes : la tracéologie ou analyse fonctionnelle.

Tailleur de pierre faisant une démonstration de taille pour réparer la cathédrale Saint-George à Perth en 2007/2008Stigmates de fabrication sur le marbre d'un chapiteau laissés par le maillet et la pointerolle présentant eux-mêmes des traces d'usureSi la fabrication d’un objet peut le stigmatiser en lui laissant différentes traces, c’est également le cas lors de l’utilisation de l’objet fini et de l’outil qui a servi à le fabriquer. Par exemple, le maillet et la pointerolle, qui servent au tailleur de pierre à rendre sa pierre cubique, laissent des marques lors du travail : la pointerolle, laisse de profondes rainures sur le chapiteau, et le maillet des traces de frappe sur la pointerolle. Ces stigmates génèrent eux-mêmes des stigmates d’usure sur les outils comme le montre la photographie.

Quand elles ne sont pas perceptibles à l’œil nu, ces traces d’usure ou stigmates sont appelées microtraces. Chaque ensemble de stigmates fournit une signature caractéristique faisant office de carte d’identité. Par exemple, une utilisation de lame de silex pour couper de la viande laissera un lustre sur la lame qui se reconnaîtra à sa brillance et à un dépôt de la matière organique, alors qu’une autre lame qui aura servi à racler présentera des esquilles.

L'étape 6.1, l'étude des traces retrouvées sur les vestiges, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursLoupe binoculaire servant à l'analyse d'images en histologie qui est utilisée par les archéologues égalementGrâce aux traces d’usure, les archéologues peuvent comprendre deux types d’utilisation du vestige. En effet, la tracéologie permet de déterminer la fonction du vestige en répondant à la question : ce vestige a été fabriqué pour répondre à quelle fonction ? À quoi devait-il servir à l’époque où il a été utilisé ? Cependant, à l’image de la fourchette dont la fonction première est de piquer les aliments pour les amener à la bouche, il arrive que nous en fassions un usage différent comme, par exemple, couper du beurre. Les archéologues parlent alors de déterminer l’usage du vestige qui est un détournement de sa fonction première. La tracéologie aide à comprendre ce détournement en répondant à la question : à quoi a réellement servi ce vestige ? Autrement dit, quel a été son usage ?

C’est grâce à sa loupe binoculaire qui permet différents grossissements et à la carte d’identité des stigmates que Lisa et Ratiche le rat peuvent comprendre que la lame de Charavines n°883, datée entre 2 670 et 2 590 av. J.-C., est un grattoir double qui a servi à couper des végétaux. Ce constat amène Lisa à rapprocher cet usage d’une utilisation qu’elle connaît par l’ethnologie : l’emmanchement d’une lame pour récolter le riz.

Indices : 6 > la lame en silex de Charavines qui correspond au vestige découvert par Lisa l'archéologue ; la loupe binoculaire servant à agrandir les traces laissées sur la lame pour comprendre à quoi cette lame a pu servir et qui est l'outil indispensable aux scientifiques pour voir les toutes petites traces laissées par les utilisations de l'objet ; Lisa l'archéologue en habit de ville en train de manipuler la loupe binoculaire et le vestige, qui représente le scientifique en train de travailler au laboratoire ; Ratiche le rat savant qui représente l'intelligence humaine au service du patrimoine ; le dessin de l'agrandissement de la lame de Charavines qui représente ce que VOIT Lisa l'archéologue grâce à la loupe binoculaire ; le dessin de l'utilisation d'un outil encore utilisé dans certaines régions de Chine aujourd'hui qui représente ce que DÉDUIT Lisa l'archéologue des traces laissées sur la lame de Charavines (la lame servait à récolter des céréales).

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Étape 6.2 - Au laboratoire : Dessiner un vestige pour l'étudier

MCA 1 p. 26-27 et MCA 2 p. 32-33

L'étape 6.2, dessiner un vestige pour l'étudier, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursRessources complémentaires en préparation

Indices : 8 > le compas d'épaisseur qui permet de mesurer l'épaisseur de la céramique ; le conformateur qui permet de faciliter la réalisation du dessin du profil du vestige à dessiner ; le vestige lui-même qui se trouve être ici une amphore romaine à vin de type Dressel 1B ; la coupe de l'amphore qui apparaît en noir et qui montre qu'il ne s'agit pas d'un dessin artistique, mais d'un dessin scientifique. L'archéologue ne représente pas uniquement ce qui est immédiatement visible, mais également ce qui ne l'est pas afin de rendre compte de la façon dont un vestige a été fabriqué (par exemple, ici, la limite du fond de l'amphore n'est pas identique à la limite du pied de l'amphore, la première limite étant plus courte que la seconde) ; l'étiquette d'identification du vestige qui permet de savoir de quel pays provient le vestige (Italie), sa datation (10 av. J.-C.) et son numéro d'inventaire (CT 10ZS5) permettant de pouvoir remonter où le vestige a été prélevé sur le site archéologique (pour la version 8-16 ans, le numéro d'inventaire n'était pas disponible) ; les noms désignant les différentes parties du vestige, ce qui permet de décrire le vestige ; l'échelle qui permet de connaître les dimensions réelles du vestige.

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Étape 6.3 - Au laboratoire : Situer un vestige dans le temps

MCA 1 p. 28 et MCA 2 p. 34

Cavalier celte du Ier siècle avant J.-C. illustré par Khaerr / CC BY-SA 3.0 Khaerr, Novembre 2013Épée et son fourreau conservé au Metropolitan Museum of ArtC’est une épée celte de l’Âge du Fer qui sert à illustrer les pages 28 et 34 de Mon cahier d’archéologie intitulée Situer un vestige dans le temps ; une démarche importante pour les archéologues qui passe entre autre par la typologie afin de dater un vestige et de le situer dans son contexte culturel.

Provenant du marché de l'art (achetée en 1999 à la collection Rogers), cette épée celte typique de l’Âge du Fer est considérée comme ayant été trouvée en Suisse sans que son contexte soit plus précis. Elle mesure 49,8 x 6,7 x 2,2 cm. Si la lame est en fer, la poignée et le fourreau ont été réalisés dans un alliage de cuivre.

Elle est actuellement conservée au Metropolitan Museum of Art (New York, États-Unis) sous le numéro d'inventaire 1999.94 a-d. Elle est visible dans la salle 301 (galerie Nord) portant sur la fin de l’Empire Romain et le début de l’époque Byzantine.

Avec sa poignée en X à figure humaine représentant en général un guerrier celte, cette épée a été datée aux environs de 60 av. J.-C. par datation stylistique. Une datation stylistique repose sur la typologie des découvertes antérieures. Le mot typologie est formé sur le radical type qui désigne un ensemble de traits généraux caractérisant un genre d’êtres ou de choses et le suffixe -logie qui signifie « parler sur, savoir ».

L'archéologue russe Vladislav Ivanovich Mamontov en train d'identifier des céramiques à partir de catalogues de comparaisonPour les archéologues, la typologie permet donc de parler sur des traits caractéristiques comme ici la différence entre une épée celte et une épée grecque. Ces différences permettent de classer des vestiges par rapport à leur forme pour aider à les situer dans le temps et/ou à déterminer leur fonction ainsi que leur contexte culturel. C’est également ce que fait, sur la photographie, l’archéologue russe Vladislav Ivanovich Mamontov en datant ces céramiques à partir de catalogues de comparaison dédiés à la céramique.

Un catalogue de comparaison permet aux archéologues de pouvoir associer une découverte faite sur un nouveau site archéologique à des découvertes déjà effectuées ailleurs et donc datées. Cette datation antérieure permet de dater et de déterminer la culture correspondant à la nouvelle découverte.L'étape 6.3, situer un vestige dans le temps, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleurs

Sur le dessin, avec son ami Musculus, la souris musclée du cerveau, Lisa l'archéologue, en habits de laboratoire, compare l’épée qu’elle vient de découvrir en fouille et posée sur la table et notée sur sa fiche d'inventaire, aux différents autres vestiges de la même catégorie épée rassemblés dans un catalogue de comparaison concernant l’évolution des épées à travers le temps. Cette comparaison va permettre à Lisa de savoir que l’épée qu’elle a découverte date des environs de 60 av. J.-C. et qu’elle appartient à la culture celte de l’Âge du Fer.

Aujourd’hui, les archéologues travaillent de plus en plus avec des outils numériques comme les bases de données plutôt que des catalogues papiers. Un exemple de base de données reposant sur la typologie est la base Artefacts, l’encyclopédie collaborative en ligne des petits objets archéologiques.

Indices du MCA 1 : 7 > le catalogue des épées ; la fiche d'inventaire visible sur le support d'écriture que porte Lisa qui présente l'épée qui vient d'être découverte ; les différents vestiges provenant de différents sites dont l'épée sur laquelle travaille Lisa ; la blouse blanche de Lisa qui montre qu'elle est au laboratoire ; la table sur laquelle se trouvent les vestiges qui montrent que le travail s'effectue en intérieur ; Musculus, la souris musclée du cerveau, qui représente l'intelligence humaine au service de la compréhension de l'Histoire humaine.

Indices du MCA 2 : 8 > le catalogue des épées ; la fiche d'inventaire visible sur le support d'écriture que porte Lisa qui présente l'épée qui vient d'être découverte ; les différents vestiges provenant de différents sites dont l'épée sur laquelle travaille Lisa ; la blouse blanche de Lisa qui montre qu'elle est au laboratoire ; la table sur laquelle se trouvent les vestiges qui montrent que le travail s'effectue en intérieur ; Musculus, la souris musclée du cerveau, qui représente l'intelligence humaine au service de la compréhension de l'Histoire humaine ; Ratiche, le rat savant, qui représente comme Musculus l'intelligence humaine au service de la compréhension de l'Histoire humaine.

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Étape 6.4 - Au laboratoire : Expérimenter pour vérifier une hypothèse

MCA 1 p. 29 et MCA 2 p. 35

Épée et son fourreau conservé au Metropolitan Museum of ArtC’est une épée celte de l’Âge du Fer qui sert à illustrer les pages 29 et 35 de Mon cahier d’archéologie intitulée Expérimenter pour vérifier une hypothèse ; une méthode bien connue en science : la méthode expérimentale.

Provenant du marché de l'art (achetée en 1999 à la collection Rogers), cette épée celte typique de l’Âge du Fer est considérée comme ayant été trouvée en Suisse sans que son contexte soit plus précis. Elle mesure 49.8 x 6.7 x 2.2 cm. Si la lame en fer, la poignée et le fourreau ont été réalisés dans un alliage de cuivre. Elle est actuellement conservée au Metropolitan Museum of Art (New York, États-Unis) sous le numéro d'inventaire 1999.94 a-d dans la salle 301 (galerie Nord).

Expérimentation sur la température d'un bas fourneau au village préhistorique de ZOO à Pilsen (Tchéquie) / CC BY SA 4.04 Oživená (pre)historie, z.s., Juin 2015Avec sa poignée en X à figure humaine représentant en général un guerrier celte, cette épée a été datée aux environs de 60 av. J.-C. par datation stylistique (voir l'étape 6.3), mais ce qui intéresse les archéologues ici, c’est comment obtenir une réplique de cette épée afin de retrouver les techniques de conception et de fabrication de cette arme. Pour retrouver les matériaux, les gestes et les outils de fabrication d’un vestige, les archéologues ont recours à la méthode expérimentale. Cette méthode leur permet de tester des hypothèses afin de les transformer en résultats positifs ou négatifs

Comparaison entre différentes épées celtes de l'Âge du Bronze retrouvées en fouilles et celles fabriquées par Neil Burridge, un artisan bronzier traditionnel pour les parties en bronze et par Jake Newport, un sculpteur amateur qualifié pour les parties en bois / CC BY 4.0 Raphael Hermann, Andrea Dolfini, Rachel J. Crellin, Quanyu Wang et Marion Uckelmann, Avril 2020

Groupe A, épées fabriquées par l'artisan bronzier Neil Burridge et le sculpteur Jake Newport à partir de la comparaison avec les vestiges au-dessus / CC BY 4.0 R. Hermann, A. Dolfini, R. J. Crellin, Q. Wang et M. Uckelmann, Avril 2020.

Test n°27 g entre une épée celte et une douille en bronze de tête de l'ance. Objectif : identifier les traces laissées sur l'épée. Les archéologues expérimentateurs portent des lunettes de protection ainsi que des gantelets de protection / CC BY 4.0 Raphael Hermann, Andrea Dolfini, Rachel J. Crellin, Quanyu Wang et Marion Uckelmann, Avril 2020

Test n°27 g - choc entre une épée celte et une douille en bronze de tête de lance / CC BY 4.0 R. Hermann, A. Dolfini, R. J. Crellin, Q. Wang et M. Uckelmann, Avril 2020.

Dans le cas de l’archéologie, il s’agit surtout de réaliser une rétro-ingénierie. À partir d’un objet de l’époque qui jouera le rôle d’étalon de référence (ici l’épée celte ou les épées celtes comme sur la photographie), les archéologues s’associent à des scientifiques de la physique des matériaux pour déterminer les matériaux employés. Puis, grâce à d’autres sources d’informations et des artisans ou des industriels, ils testent différentes hypothèses de production. Les épées neuves sur la photographie ont été réalisées par Neil Burridge, un artisan bronzier traditionnel pour les parties en bronze et par Jake Newport, un sculpteur amateur qualifié pour les parties en bois, notamment la poignée (pour en savoir plus sur cette expérimentation, voir l'article en anglais).

À force de manipulations, ils obtiennent une réplique de l’objet qui leur permet de reconstituer au mieux les différentes étapes de fabrication et leurs conditions. Cette réplication constitue une partie de la fameuse chaîne opératoire (voir l'étape 6.5).

L'étape 5.4, expérimenter pour vérifier une hypothèse, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursDans le cas du dessin de l’étape, nous voyons une épée sur la table avec une étiquette contenant son numéro d’inventaire. Ce numéro d'inventaire assure l’authenticité du vestige comme une épée ayant été fabriquée par des celtes. Cette épée celte tient le rôle d'étalon de référence à ce que doit être le résultat de Craftman, l’artisan. C’est le personnage qui fait fonctionner les soufflets des tuyères du fourneau pour obtenir le métal qui lui servira à réaliser la lame de l’épée qu’il doit réaliser. Des lames ratées et des morceaux de métal jonchent un cuir. Il s’agit des résultats ratés de Craftman. Alex l’archéologue, en habit de laboratoire (blouse blanche), représente le scientifique en train d'observer et de documenter (prendre des notes) l'expérience en cours. Cortex le corbeau symbolise, lui, l'intelligence humaine qui a mis en place le protocole expérimental et étudie les vestiges.

Indices : 9 > Alex l'archéologue ; habits de laboratoire (blouse blanche avec son nom) ; Cortex le corbeau ; le carnet de notes qui contient les différentes observations effectuées par Alex durant l'expérience ; Craftman l'artisan ; l'épée celte qui tient le rôle d'étalon de référence ; l'étiquette attachée à l'épée qui contient le numéro d'inventaire du musée d'où provient le vestige confirmant ainsi l’authenticité de l’épée ; le four de Craftman ; les diverses tentatives ratées de Craftman qui gisent sur le cuir.

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Étape 6.5 - Au laboratoire : Retrouver l'Histoire d'un vestige

La pyramide de KhéopsMCA 1 p. 30-31 et MCA 2 p. 36-37

C'est la pyramide de Khéops en Égypte qui sert à illustrer les pages 36-37 de la version 8-16 ans de Mon cahier d’archéologie intitulées Retrouver l’Histoire d’un vestige ; un outil conceptuel des archéologues leur permettant de reconstituer la vie de leur découverte en passant des conditions de la fabrication ou de la construction de ladite découverte jusqu’aux conditions de sa destruction et de son rejet.

Classé au patrimoine mondial de l'humanité par l’UNESCO depuis 1979 avec la nécropole de Memphis, ce monument construit par les Égyptiens de l'Antiquité forme une pyramide à base carrée. Tombeau présumé du pharaon Khéops, elle fut édifiée sous la IVe dynastie, entre 2 551 et 2 528 av. J.-C. selon l’archéologue américain Mark Lehner. Elle se situe au centre du complexe funéraire de Khéops à proximité de Gizeh non loin du Caire, la capitale de l’Égypte actuelle. C’est la plus grande des pyramides de Gizeh avec ses 146 mètres de haut.Une table lumineuse sert à travailler des diapositives

Dans cette étape, la pyramide de Khéops sert à faire comprendre comment les archéologues, représentés par Lisa l’archéologue, reconstituent l’Histoire d’un vestige. Autrement dit, il s’agit d’analyser les données pour reconstituer scientifiquement les différentes étapes de sa fabrication ou de sa construction, les conditions de son utilisation et de sa destruction. Cette étape se déroule en laboratoire ce qui explique les habits de laborantine de Lisa à partir des données fournies par les étapes précédentes. La table lumineuse qui sert habituellement à poser les photographies des différents indices sert ici à poser les hypothèses des différentes étapes de construction pour les remettre dans le bon ordre avec l’aide de Musculus la souris et Ratiche le rat qui représentent l’intelligence humaine.

De nombreuses théories sur les conditions de la construction de la pyramide de Khéops se sont succédées depuis la version d’Hérodote du Ve siècle av. J.-C. jusqu’en 2007. À cette date, l’architecte honoraire Jean-Pierre Houdin présente ses travaux qui n’ont pas seulement porté sur le transport des blocs, mais également sur l’ensemble du chantier de construction de la pyramide. Retrouvez une synthèse de son étude dans le document du 27 novembre 2012 intitulé « Pyramide de Khéops. Théorie de sa construction dite “par l’intérieur” ». Retrouvez d’autres informations sur le site de l’association www.construire-la-grande-pyramide.org et du site www.scanpyramids.org pour les dernières découvertes sur l’évolution de la théorie de Jean-Pierre Houdin.

Principe de fonctionnement de la rampe interne selon Jean-Pierre Houdin ® Houdin J-P, Dassault Systèmes

Indices : 6 > table lumineuse (mobilier avec bouton en haut à droite et fil électrique) pour classer les différentes images ; les images reconstituant les différentes étapes de la vie du vestige ; les habits de laborantine de Lisa (blouse, étiquette avec son prénom) ; Lisa l’archéologue ; Ratiche le rat ; Musculus la souris.

L'étape 6.5, retrouver l'Histoire d'un vestige, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursL'étape 6.5, retrouver l'Histoire d'un vestige, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursC'est le collier de Pinedjem qui sert à illustrer les pages 30-31 de la version 5-8 ans de Mon cahier d’archéologie intitulées Retrouver l’Histoire d’un vestige ; un outil conceptuel des archéologues leur permettant de reconstituer la vie de leur découverte en passant des conditions de fabrication ou de construction de ladite découverte jusqu’aux conditions de sa destruction et de son rejet.

Collier à pendeloques florales avec plaquette au nom de Pinedjem Ier / CC BY-SA 3.0 Musée du LouvreCe collier à pendeloques florales, avec plaquette au nom de Pinedjem Ier, montre la virtuosité des orfèvres égyptiens. En or incrusté de lapis-lazuli, il mesure 60 cm de long et date des environs de 1050 av. J.-C. (XXIe dynastie). Ce collier est actuellement conservé au Musée du Louvre sous le numéro E 25412 et peut être admiré dans la salle 330, vitrine 7 : Bijoux du premier millénaire avant J.-C.

Pinedjem Ier était premier grand prêtre d'Amon à Karnak. Époux d'une fille de Ramsès XI, il occupa une place éminente en Haute Égypte allant jusqu'à s'octroyer la titulature royale. C'est l'un de ses fils qui règnera, sous le nom de Psousennès Ier, en succédant à Smendès.

Dans cette étape, le collier de Pinedjem Ier sert à faire comprendre comment les archéologues, représentés par Lisa l’archéologue, reconstituent l’Histoire d’un vestige. Autrement dit, il s’agit d’analyser les données pour reconstituer scientifiquement les différentes étapes de sa fabrication ou construction, les conditions de son utilisation et de sa destruction. Cette étape se déroule en laboratoire ce qui explique les habits de laborantine de Lisa à partir des données fournies par les étapes précédentes. La table lumineuse qui sert habituellement à poser les photographies des différents indices sert ici à poser les hypothèses des différentes étapes de fabrication du collier pour les remettre dans le bon ordre avec l’aide de Ratiche le rat qui représente l’intelligence humaine.

Indices : 5 > table lumineuse (bouton en haut à droite et fil électrique) pour classer les différentes images ; les images reconstituant les différentes étapes de la vie du collier de Pinedjem Ier ; la pièce dans laquelle travaille Lisa l'archéologue représentée par les plinthes au sol ; les habits de laborantine de Lisa (blouse, étiquette avec son prénom) ; Ratiche le rat.

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Étape 7.1 - Diffusion des résultats : Écrire un rapport puis un article scientifique

L'étape 7.1, écrire un article scientifique, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleursMCA 1 p. 32-33 et MCA 2 p. 38-39

C’est le couteau à riz n° 71.1932.1.834 du musée du Quai Branly qui sert à illustrer Mon cahier d'archéologie aux pages 32-33 du MCA 1 intitulées Écrire un rapport de fouilles et du MCA 2 aux pages 38-39 intitulées Écrire un article scientifique. Il s’agit ici de présenter l'importance de l'écrit, en particulier des rapports et des articles dans les revues, qui permettent d’assurer une diffusion pérenne des recherches d'un scientifique.

L'écrit est d'une importance vitale dans la vie d'un archéologue comme de tout scientifique. Outre le carnet de fouille ou le cahier de laboratoire, le premier document qui fera l'objet d'un catalogage est le rapport de fouilles ou le rapport d'études. C'est grâce à ce document qu'un archéologue indique ce qu'il a trouvé, qu'il s'agisse de découvertes de vestiges (fouilles et inventaires) ou de découvertes d'informations (expérimentation, nouvelle analyse de vestiges déjà découverts). Si ce rapport ne fait pas l'objet d'une publication auprès de la communauté scientifique, on parlera de littérature grise. Dans le cas contraire, on parlera d'un article scientifique ou d'une monographie.

Différents moyens existent pour faire connaître les résultats d’un programme de recherche archéologique. Cependant, le plus important reste la publication. Une publication consiste à écrire un article scientifique pour une revue spécialisée ou un livre (monographie) afin de présenter les résultats définitifs de ses recherches. C’est donc un document complet qui est public, à la différence de la littérature grise. En tant que document public, il peut se transmettre aisément.

Selon la façon dont la communauté scientifique juge de l’importance, l'équipe accédera à des revues et des éditeurs spécialisés plus ou moins connus. Cette importance des revues et des éditeurs s’appelle la notoriété. C'est grâce à cette notoriété qu'une équipe peut obtenir de l’argent pour de nouvelles recherches. La notoriété est donc très importante d'autant qu'elle a un impact direct sur la carrière du scientifique et des membres de son équipe.

Couteau à riz n° 71.1932.1.834 du musée du Quai BranlyC’est pour cette raison que sur cette image, Alex est en train de taper sur son ordinateur. Il rédige la synthèse des découvertes qu'il a faites sur le couteau à riz de culture Taï Nua pour la revue Science. Il prend soin d'indiquer les dimensions du vestige, les matériaux qui le constituent, sa datation, sa provenance, les conditions de sa cession au musée, sa fonction, pour finir sur ses découvertes, avec ce qu'implique l'existence de ce vestige pour certains outils en silex remontant à la préhistoire. Afin de mieux se faire comprendre il associe des illustrations aux textes en prenant soin d'indiquer les légendes qui leur correspondent. Les informations fournies entre Mon cahier d'archéologie 5-8 ans (MCA 1) et Mon cahier d'archéologie 8 ans et plus (MCA 2) ne sont pas les mêmes afin de faciliter la lecture par les enfants, mais également de présenter l'idée d'une évolution des recherches.Schéma d'un panneau maquetté pour un exposé / CC BY 2.0 Doos

Cette étape est aussi un support pédagogique destiné à enseigner le maquettage à des jeunes souhaitant réaliser un exposé. En recomposant l'article comme un puzzle, ils apprennent qu'un article, comme un exposé, présente :

  1. un titre
  2. un texte
  3. des images avec une légende pour chaque
  4. deux sources ou plus

Et surtout, en le recomposant, ils découvrent que chaque élément doit s'intégrer harmonieusement afin de faciliter la lecture et ne pas se chevaucher les uns, les autres. En effet, une place doit être laissée au titre, aux images, aux légendes et aux sources.

Indices : 8 > l'ordinateur ; titre ; le corps du texte ; les illustrations ; les légendes avec numéro de figure ; les formes géométriques des différentes parties de l'article qui correspondent à une mise en page ; les explications données par l'assemblage de l'ensemble ; la personne qui écrit (ici Alex l'archéologue qui est un scientifique)

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Étape 7.2 - Diffusion des résultats : Présenter ses résultats

MCA 1 p. 34 et MCA 2 40-41

L'étape 7.2, présenter ses résultats, coloriée par Chris Esnault avec des crayons de couleurs

  Le sextant Mercier © Photo Marie Arnautou, MMNC / coll. Drassm-MCC / Dépôt Musée maritime de Nouvelle-Calédonie.
  Le sextant Mercier au Musée maritime de Nouvelle-Calédonie
Inv. FAI 05-264

© Photo Marie Arnautou, MMNC / coll. Drassm-MCC / Dépôt Musée maritime de Nouvelle-Calédonie.

C'est la découverte du sextant Mercier qui sert à illustrer la page 34 de Mon cahier d’archéologie intitulée Présenter ses résultats ; l'une des façons pour les archéologues de diffuser les réponses obtenues et les difficultés restant à surmonter dans une étude archéologique.

Comme tous les scientifiques, les archéologues présentent leurs résultats à l’oral lors de colloques. Un colloque est une rencontre qui rassemble de nombreux confrères et consœurs d’un même domaine, c'est-à-dire des scientifiques spécialisés sur des sujets très divers comme, par exemple, ici Lisa sur les épaves de bateaux du 18ème siècle. Certains colloques sont très spécialisés, d’autres sont plus généraux. Ils ont lieu une fois par an ou parfois une fois tous les cinq ans. Un colloque rassemble des archéologues de toutes les nationalités. Il faut donc savoir parler anglais pour comprendre et se faire comprendre. C'est le cas à l'Annual Meeting of the European Association of Archaeologists (Rencontre annuelle de l'Association Européenne des Archéologues) où se trouve Lisa dans cette illustration.

Ici, Lisa représente un des archéologues de l'Association Salomon. Comme l'a fait cet archéologue, Lisa présente depuis son pupitre la découverte d'un sextant un peu particulier. Qu'est-ce qu'un sextant ? C'est un instrument de navigation. Le sextant comme l'octant permet de connaître la latitude en mesurant la hauteur d'un astre. Cependant, vers 1730, le sextant remplace l'octant car la visée angulaire du sextant est plus large que celle de l'octant. En effet, elle passe de 45° pour l'octant à 60° pour le sextant. L'utilisation du sextant facilite ainsi les prises de mesures.

En quoi ce sextant est-il particulier ? Fabriqué par l'opticien Mercier, ce sextant fut retrouvé sur le site du naufrage de l'expédition La Pérouse à Vanikoro aux Îles Salomon en 2005 grâce au travail de l'Association Salomon. Or ce sextant figure parmi la liste des objets embarqués à bord de La Boussole et non de l'Astrolabe. C'est ainsi que les archéologues de l'Association Salomon ont pu identifier avec certitude l'épave de La Boussole qui était commandé par Monsieur de La Pérouse et mieux comprendre le site qu'ils étudiaient depuis des années.

Aujourd'hui, le sextant Mercier est conservé au Musée maritime de Nouvelle-Calédonie à Nouméa où il peut être admiré sous le numéro d'inventaire FAI 05-264.

Indices : 8 > la présence d'un écran de projection ; la diapositive qui présente les résultats de Lisa ; l'organisme d'accueil de la présentation de Lisa (rassemblant professionnels et non professionnels, l'European Association of Archaeologists est le plus important organisme d'archéologie ayant un siège au Conseil de l'Europe) ; les sièges ; les personnes assises prenant des notes à partir du discours de Lisa ; les vêtements de Lisa correspondant à des vêtements de ville (vêtements différents de ceux de chantier ou de laboratoire) ; le pupitre d'où Lisa parle ; le micro qui sert à Lisa pour se faire entendre

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Étape 8.1 - Utiliser l’archéologie : découvrir le patrimoine

La Dame de Brassempouy, autour de 21.000 av. J.-C.Édouard Piette (1827-1906). Tirage argentique monté du préhistorien FrançaisMCA 1 p. 35 et MCA 2 p. 42-43

C’est la Dame de Brassempouy qui sert à illustrer la page 35 de Mon cahier d’archéologie intitulée Découvrir le patrimoine. Il s’agit ici de l'une des premières applications pratiques de l’archéologie à la vie quotidienne car cette étape alimente l’économie locale et elle est à l’origine du développement de nombreux autres métiers dont celui de guide.

C’est pour cette raison que sur cette image, ni Alex ni Lisa ne sont représentés. C’est un guide-conférencier qui assure la visite pour le groupe scolaire.
Mais la valorisation du patrimoine est aussi à l’origine d’autres métiers comme ceux de conservateurs de musées qui ont la charge de faciliter l’accès aux vestiges exhumés par les archéologues ou encore ceux d’animateurs culturels et d’animateurs scientifiques qui ont la charge de faciliter pour le grand public, la compréhension à la fois des vestiges et du travail des archéologues.

Ici, le guide est en train d’expliquer que la Dame de Brassempouy, aussi appelée « Dame à la Capuche », ne doit pas être confondue avec la Vénus de Brassempouy. La Dame de Brassempouy est un fragment de statuette en ivoire de 3,65 cm de haut découverte dans la Grotte du Pape (Brassempouy, Landes) en 1894 lors des fouilles d’Édouard Piette dans les couches gravettiennes. Appartenant à la grande période du Paléolithique supérieur, cette statuette fut datée des environs de 21 000 ans avant J.-C., constituant ainsi l’une des plus anciennes représentations réalistes de visage humain. Aujourd’hui encore, l’original est exposé au Musée d’Archéologie Nationale (inv. MAN no47.019) anciennement Musée des Antiquités Nationales sis au Château Vieux de Saint-Germain-en-Laye. C’est dans ce musée que se trouve la salle Piette où sont exposés la Dame de Brassempouy, le buste d’Édouard Piette présenté dans cette image ainsi que tout un ensemble d’outils en silex, en os et d’objets démontrant les compétences techniques et artistiques des êtres humains de la préhistoire.L'étape 8.1, découvrir le patrimoine coloriée par Chris Esnault avec des crayons

L'entrée du Musée d'Archéologie NationaleC’est cette histoire ancienne et récente que découvre cette classe sous l’œil bienveillant, mais attentif, de la chatte Bastet qui illustre ici l'action de veiller sur le patrimoine culturel et le calme qui doit régner dans un musée pour faciliter le ressenti et éviter les dégradations. La valorisation de la recherche archéologique s’inscrit dans le cadre de l’économie du tourisme et plus généralement de la valorisation patrimoniale. Il est difficile de chiffrer ces dimensions ainsi que l’a montré le rapport de Françoise Benhamou et David Thesmar, Valoriser le patrimoine culturel de la France, paru dans Les Rapports du Conseil d'analyse économique de juin 2011. Toutefois, il faut savoir que les visites des musées français comportant une collection archéologique et les lieux de visites liés à l’archéologie (telle que définie économiquement), ainsi que les actions d’animation effectuées au sein de ces organismes, représentent des recettes de plusieurs dizaines de millions d’euros.

Indices : 4 > le guide reconnaissable au mot « guide » sur le badge qui pend à son cou ; le micro-casque du guide et les écouteurs des visiteurs qui montrent qu’un échange est en cours ; la vitrine protégeant l’œuvre et son cartel ainsi que les vestiges qui l’accompagnent ; la chatte Bastet.

En plus du travail des guides par les explications qui sont diffusées et celui des conservateurs par la muséographie représentée sur l’image, Bastet illustre également le travail des gardiens, autre métier lié à la valorisation du patrimoine, et, par son attitude, le calme nécessaire à une visite en musée.

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Étape 8.2 - Utiliser l’archéologie : Apprendre l’Histoire à l’école

MCA 1 p. 36 et MCA 2 p. 44

Détail de la baie n°7, l'histoire de Charlemagne (© Mossot - CC BY-SA 3.0) via Wikimedia CommonsC’est le médaillon n°4 de la baie n°7 consacrée à la vie de Charlemagne de la cathédrale Notre-Dame de Chartres qui sert à illustrer la page 36 de Mon cahier d’archéologie intitulée Apprendre l’Histoire à l’école. C’est une autre utilisation courante de l’archéologie. En effet, les contenus des manuels d’Histoire utilisés tant dans le primaire que dans le secondaire sont issus des résultats de l’archéologie en plus de ceux de l’histoire, de la philologie et des autres disciplines historiques.

Pour apprendre l'Histoire, les écoliers et étudiants ont besoin des résultats de la recherche archéologiquePour cette raison, ce ne sont pas les archéologues Alex et Lisa qui sont représentés sur l’image, mais un écolier. Travaillant à partir d’un TNI ou tableau numérique interactif reconnaissable à sa barre d’outils latérale, le jeune écolier colorie le vitrail pour en comprendre la répartition des couleurs et compléter les parties manquantes tout comme l’enfant le fera dans son cahier.

Cette application est à l’origine d’un autre genre de métier ayant pour objectif la valorisation du patrimoine et de la recherche : celle des acteurs de l’enseignement qui ont la charge de faciliter l’accès à la connaissance des grands événements historiques tout autant qu’à la diversité des cultures du monde et à la compréhension de l’évolution des techniques à travers le temps grâce au support de diverses sources dont les sources archéologiques.

L'étape 8.2, apprendre l'Histoire à l'école coloriée par Chris Esnault avec des crayonsLes travaux de la cathédrale Notre-Dame de Chartres située en Eure-et-Loir s’échelonnèrent de 1145 à 1220. Cependant, les vitraux de la vie de Charlemagne furent réalisés et posés en 1225 grâce au dons des pelletiers (artisans qui travaillent les peaux animales). La baie qui les accueille mesure 9 m 03 de haut pour 2 m 22 de large et se situe du côté du chevet, partie qui est à l'opposé de l'entrée des fidèles, le long du déambulatoire. La numérotation des vitraux fournie par la page de ressources Découvrir la cathédrale Notre-Dame de Chartres du site officiel de la cathédrale Notre-Dame de Chartres permet de localiser la baie n°7 précisément.

La présence d’un ensemble de vitraux dédiés à Charlemagne est à mettre au crédit de l’importance politique de ce personnage et non à sa sainteté. Ainsi, les vitraux font le récit de la croisade mythique en Orient et en Espagne de l'empereur Charlemagne. À côté des vitraux de Saint-Jacques, les vitraux de la vie de Charlemagne en complètent l'histoire puisque Charlemagne aurait délivré le tombeau de l'apôtre en Galice. Parmi les vitraux de la vie de Charlemagne, la verrière n°4 évoque la réception de Charlemagne par Constantin. Alors que le combat est terminé, Charlemagne, qui porte encore ses éperons, est accueilli fraternellement par Constantin. Il lui passe un bras autour des épaules pendant qu’un jeune homme, sans doute Roland, assiste à la scène. La rencontre a lieu à la porte de Constantinople ainsi que le laissent penser la position de Constantin et l’architecture derrière la porte. Une explication plus précise de l’ensemble est fournie par Claudine Lautier aux p. 34-35 de « Les vitraux de la cathédrale de Chartres. Reliques et images ».

Indices : 4 > le cartable avec la règle et le nounours ; le jeune garçon avec le stylet ; le TNI avec sa boîte à outils ; le banc d’école.

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Étape 8.3 - Utiliser l’archéologie : Lutter contre le trafic d’antiquités

MCA 1 p. 37 et MCA 2 p. 45

Logotype de la lutte contre le trafic d'antiquités de l’UNESCO représentant une main devant unue poterie (conception et dessin de la société Hartlandvilla)Stèle de la tombe de Wang Chuzhi - Quyang, Hebei Province - ayant inspiré la p. 37 de Mon cahier d'archéologie (© BabelStone - CC BY-SA 3.0) via Wikimedia CommonsC'est la stèle du seigneur de guerre Wang Chuzhi (863-923 ap. J.-C. - dynastie des Tang) qui sert à illustrer la page 37 de Mon cahier d’archéologie intitulée Lutter contre le trafic d’antiquités. La lutte contre le trafic d’antiquités est l'une des applications pratiques de l’archéologie à la vie quotidienne. Il s’agit d’éviter qu’une civilisation ne se retrouve dépossédée de son patrimoine et ainsi de son Histoire.

Volée en 1994, cette stèle provenant de la tombe de Wang Chuzhi située dans la région du Quyang (Chine), a été retrouvée en février 2000 grâce à la police américaine et au travail des experts. C’est pourquoi le policier en arrière-plan est habillé comme un policier américain. C’est également pourquoi Lisa, en tant qu’archéologue, a été représentée avec une loupe à la main devant la stèle. Elle intervient comme experte, c’est-à-dire comme une spécialiste qui est capable d’apporter une réponse argumentée à une demande d’expertise.

Bouh, le hibou, veille et agit durant la nuit. Sa vision nocturne en fait un vigile efficace. C'est un gardien qui saura surprendre les voleurs pour mieux les faire arrêter. Bouh illustre ici l'action de veiller sur le patrimoine culturel pour éviter les vols et les destructions tout comme les archéologues participent à la défense de ce patrimoine. Il vient renforcer le logotype de l’UNESCO, conçu et dessiné par Hartlandvilla (pictograme réaliste et simple ayant l'ambition de sensibiliser de manière universelle tous les publics à la problématique de la protection du patrimoine). Il se trouve à droite du mot « douane » sur le bâtiment qui correspond à l’une des véritables formes des hangars sous douane où sont entreposés les objets saisis. Le trafic illicite des biens culturels peut se présenter sous différentes formes, impliquer de multiples parties et avoir des buts différents.

Pour cette raison, l'expression « trafic illicite des biens culturels » peut faire référence à une grande variété de pratiques selon la législation nationale ou internationale en vigueur ainsi que le souligne l'ICOM :

  1. Vols dans des musées, monuments, sites religieux et autres lieux de conservation publics ou privés,
  2. Fouilles illicites (c’est-à-dire interdites) d’objets archéologiques lors de conflits armés ou de périodes d’occupation militaire,
  3. Exportation et importation illicite de biens culturels,
  4. Transfert illégal de propriété des biens culturels (vente, achat, cautionnement de la dette hypothécaire, échange, donation ou legs),
  5. Production, échange ou utilisation de faux documents d’authentification, trafic de biens culturels faux ou falsifiés.

L'étape 8.3, lutter contre le trafic d'antiquités coloriée par Chris Esnault avec des crayons Plusieurs ONG (organisations non-gouvernementales) se sont organisées pour aider à lutter contre le trafic d’antiquités et contribuer ainsi à protéger le patrimoine culturel des civilisations à une échelle mondiale.
C’est le cas :

  1. de l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) qui a un département sur le Trafic illicite des biens culturels (Illicit Trafficking of Cultural Property)
  2. du Conseil International des Musées (ICOM) qui a mis en place l’outil Liste Rouge (Red list) dans le but de répertorier, pour des zones du monde particulièrement vulnérables, les catégories d’objets archéologiques ou d’œuvres d’art en danger, afin d’empêcher leur vente et leur exportation illégale.

Ces ONG soutiennent des organismes publics comme :

  1. des organisations internationales dont
    1. Interpol ou Organisation Internationale de Police Criminelle (OIPC) qui dispose d’un département dédié aux œuvres d’art s’occupant plus largement des biens culturels
    2. l'Organisation Mondiale des Douanes (OMD - World Customs Organization)
  2. des organisations nationales
    1. Chaque pays dispose ou non d’un ou plusieurs services spécialisés pour assurer la protection du patrimoine et des biens culturels. En France, c'est l'Office Central de lutte contre le trafic de Biens Culturels (OCBC) qui assure cette mission en étroite collaboration avec l'administration des Douanes et les ministères de la Justice et des Affaires Étrangères.

Indices : 6 > le mot « volé » sur la stèle ; Bouh le hibou ; le logotype de l’UNESCO ; la loupe que tient l’archéologue Lisa ; le policier américain qui passe les menottes au voleur ; le mot « douane » sur le bâtiment qui est un hangar sous douane.
Il s'agit ici d'illustrer le travail d’expert des archéologues quand, par leurs savoirs et leurs compétences à réaliser une expertise, ils aident les autorités judiciaires (ici le policier et le service des douanes) à veiller sur la protection du patrimoine, veille illustrée également par Bouh le hibou et le logotype de l’UNESCO, en restituant un objet volé à un pays, ici la stèle de la tombe de Wang Chuzhi (Chine) restituée à la Chine en février 2000.

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